Noire Velours, comme un parfum de découverte

Article : Noire Velours, comme un parfum de découverte
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20 décembre 2020

Noire Velours, comme un parfum de découverte

Une récompense. Voilà que des voix s’élèvent. Comment peut-on récompenser une artiste inconnue du public ? S’il fallait se baser uniquement sur ce critère discriminatoire, peut-être n’en arriverions-nous pas à vouloir connaître Noire Velours, cette artiste aux talents musicaux énormes. Je ne puis penser à l’artiste sans penser à un certain 3 octobre d’une année de tous les possibles. Aux indignés je dirai d’aller à la rencontre de cette #Vodougbègbè à nulle autre pareille.

Une distinction, et des récriminations ? Allons donc, on n’y pense pas. On apprécie. Ne boudons pas notre plaisir. Car voir cette nana, cette Noire Velours pour ne pas la nommer, récompensée le 18 décembre du prix de la Meilleure artiste féminine de l’année, lors de la dix-septième édition du Togo All Music Awards, pour moi, c’est justice. À plus d’un titre.

Il y a deux mois, Noire Velours, Christelle Anoumou à l’état civil, m’était une étrangère. Littéralement. Je ne la connaissais ni d’Ève ni d’Adam. Puis, il y a eu un 3 octobre 2020 à l’Institut français du Togo. Ce fut le jour où tout a basculé. Aujourd’hui plus que jamais, je puis me rengorger de faire partie de sa fan base. Que l’on épilogue sur la distinction elle-même, c’est une chose naturelle. On ne peut pas plaire à tout le monde. Mais ne pas donner cher de cette artiste-là, c’est aller vite en besogne. C’est aussi donner dans la mauvaise foi.

Noire Velours, merci qui ?

Je dois la connaissance de Noire Velours au pote de toujours, Lucas Prim’s. Celui-ci, comme moi, était un coureur non pas de jupons, mais de showcases. De ces spectacles à effet dont nous raffolions, et pour lesquels nous donnerions jusqu’à notre dernière chemise. On était au tapis vert du spectacle, ce qu’un joueur invétéré serait au casino. Un peu comme Abel Sikpe, un autre pote à moi, Lucas Prim’s n’hésite pas à m’inviter aux spectacles de haut vol et autres performances culturelles qui valent la peine d’être vécus. Et vice versa.

Aussi, chaque fois qu’il s’en organise un dans Lomé, nous y allions. Le 22 septembre de cette année, il me demanda si j’avais déjà fait ma réservation pour le prochain spectacle. « Je vais appeler l’Institut ce soir ou demain », lui ai-je répondu sans y prendre garde. Il s’est engagé à appeler à son tour le lendemain pour confirmer sa venue. COVID oblige : les places étaient limitées. Je lui demandai si c’était un spectacle de danse ou quelque chose comme cela. De toute façon, on serait de la fête : quels qu’ils fussent, on n’y regardait pas à deux fois avant d’aller aux spectacles organisés par ce Centre culturel dont les programmations sont d’une qualité exceptionnelle. Je donnais donc mon aval tête baissée avant d’avoir su l’artiste à l’affiche.

#Vodougbègbè

Mais alors, quel est-il, cet artiste d’un soir ? Lucas me répondit que « C’est le concert Black Circle de Noire Velours ». Moi de répondre : « On se check là-bas au calme reuf. Dommage que l’ambiance ce sera pas trop ça… » — « Toutaf’…L’ambiance sera un peu terne avec les tralalas de gestes barrières. » — « Mais cela n’enlèvera rien à la beauté de l’event, enfin espérons ».

Tu me répondis, Lucas, par ceci : « Évidemment…Surtout la meuf qui sera en concert…Quel talent frère !! C’est exceptionnel ce qu’elle fait avec sa voix. » — « Wow, tu m’apprends des trucs là, je ne la connais pas, pour tout te dire frère ». C’est alors que tu me fis savoir qu’elle ne vit pas au Togo, qu’elle est basée en France. Je voulais savoir son genre musical. « Elle fait dans le jazz, elle fait dans l’acoustique aussi, tu te rends compte ? Elle varie son univers musical. C’est très éclectique ce qu’elle fait ».

Me voilà éclairé. Ces choses-là, on les vit intensément. Le soir du 3 octobre, nous nous préparions à faire notre entrée dans l’enceinte de l’Institut, quand, vingt minutes avant, il y eut comme un remous autour de nous. Je me tourne, et, que vois-je ? Une dame, tout de jaune vêtue faisait son entrée. Une allure gangsta, des rangers à vous faire tenir sur vos gardes. Elle en jetait, diable. Quand elle était sur scène, j’étais étonné d’autant de précision vocale. Elle était accompagnée d’un saxophone, des pads et un DJ. C’était sa voix qui créait l’émotion. Plus d’une heure de spectacle m’a fait tomber raide amoureux de ce qu’elle dégageait de talent.

 Depuis, l’engouement ne s’est jamais démenti. Dans la foulée, je m’étais fait une religion d’aller regarder ses vidéos. Ça chantait « Vodoumougni Vodougbègbè, gnakè lé woassio ». Un sentiment des classiques pop, afrobeat et jazz. Alors seulement j’ai compris que cette femme est vraiment une #Vodougbègbè.

Avec cette récompense, les Togolais auront à la connaître encore davantage. Et composer avec elle, pour reprendre les mots de l’artiste elle-même.

Vivement la suite.

#Kossivirtus

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Commentaires

Nammangue Hector
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Quelle plume waouh. Merci frère de nous faire reprendre goût à la lecture. Stay blessed

Kossivirtus
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Merci cher confrère. L'aventure humaine se poursuit, tu le sais bien :D