Je ne suis pas un ennemi, mon frère militaire

Article : Je ne suis pas un ennemi, mon frère militaire

Je ne suis pas un ennemi, mon frère militaire

Parade militaire. crédit photo: republiquetogolaise.com

Nous voilà aux portes du mois de juin de cette année.  Bien que je n’ose pas la nommer, et bien qu’on n’en soit qu’à son milieu, ou presque, je cède déjà à la tentation de l’appeler « annus horribilis » (traduire, « année horrible »). Les dégâts qu’elle a causés sont trop lourds pour que je la nomme autrement que par ces mots-là. Ce n’est pas pour dire, mais le virus couronné, et c’est le cas de le reconnaître, est le nouveau roi. Le mâle alpha, comme qui dirait. Pour combien de temps, je ne sais. Mais, aussi longtemps qu’il nous fera passer sous ses fourches caudines de prince couronné pour nos malheurs, aussi longtemps que la vie elle-même s’en ressentira, aussi longtemps, dis-je, que le bout du tunnel se fera désirer, eh bien, l’année aura mérité son surnom d’« annus horribilis ».

Le citoyen situé au bout du monde comme celui d’ici, le Togolais, attend, attend inquiet que cela se tasse. A ceci près qu’en plus d’attendre, le citoyen togolais, lui, en sus de subir les foudres de ce mal à nul autre pareil, se demande, à plus d’un titre, s’il mourra du coronavirus ou des mains des forces de défense et de sécurité. Quand les bruits de balle ont le verbe haut, les citoyens, eux, font profil bas. A leur corps défendant. A ce corps dont le militaire en est arrivé à faire bon marché.

Confusion de rôles

Ce n’est pas le lieu de refaire l’inventaire des Togolais qui sont tombés sous les balles de qui l’on sait, depuis l’instauration du couvre-feu. Oh, les choses ont quelque peu changé depuis que la force mixte anti-pandémie a connu à sa tête un nouveau chef en la personne de Kodjo Amana, en lieu et place du colonel Yaovi Okpaoul.

Si le nouveau chef avait dirigé la Force sécurité élection présidentielle de main de maître (sic), beaucoup de citoyens n’en espèrent pas moins que le couvre-feu ne tourne plus au drame. Depuis, on déplore moins de mort d’homme en pleine nuit. Mais la nuit semble avoir passé la main au jour depuis que certaines forces de l’ordre et de sécurité ont réussi le fait d’armes d’abattre à Lomé le 21 mai dernier le jeune nommé Mohamed, de son vrai nom Agbende-Kpessou Hega lors d’une altercation. Les deux militaires reprocheraient à Mohamed d’avoir mal conduit en circulation, et cherchaient à lui retirer de force la clé du véhicule. Entre le refus d’obtempérer et l’envie de se faire respecter à toute force, le mal est fait.

Soit dit sans cautionner l’inconduite routière de feu Mohamed (si tant est qu’il se fût mal conduit), je tiens pour moi que la victime mérite d’autant moins cet ignoble traitement, que ses adversaires d’un jour n’ont pas été ceux à qui il devrait rendre compte. Est-ce diable le rôle du militaire que de veiller aux questions de sécurité routière ? N’est-ce pas au policier qu’il revient de faire respecter la loi, de maintenir l’ordre et d’assurer la sécurité publique ? De tout temps la police a procédé à la surveillance de la voie publique. Elle recherche et interpelle les auteurs d’infractions.

Que des militaires s’occupent de la conduite routière, voilà qui n’est rien moins qu’un excès de zèle. Est militaire un membre des Forces armées. Son rôle, maintenir la paix dans le pays et le défendre contre les agressions extérieures. Pas de s’acharner contre ceux qu’il est censé protéger. Prenons garde à ne pas verser dans la confusion des rôles. Les citoyens ne méritent point d’aussi dégradants traitements. Une vie de perdue, c’est déjà trop.

Kossivirtus

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Commentaires

#Marcussgatrold😱
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Hello. C'est tout à fait unnus Horibilis. Cela a provoqué des répercussions dans presque tous les domaines. Et j'en conclu que seul Dieu pourra nous épargner de ces barbaries politiques.

Kossivirtus
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Le Ciel t'entende frere